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EDUCATION POUR LA SANTE

Aux nombreux déterminants culturels, sociaux et économiques qui agissent sur la santé des personnes, s’ajoutent, en outre, pour les populations migrantes, une perte de repères et des traumatismes liés à l’exil.

Au même titre que l’éducation, le logement et l’emploi, la santé est un facteur essentiel à l’intégration des individus.

 

La démarche de Migrations Santé Alsace en éducation pour la santé

Qui sont les animateurs de formation ?

Des actions en langue d’origine

 

 

 

 

La démarche de Migrations Santé Alsace en éducation pour la santé

Les actions en éducation pour la santé que mène l’association s’inscrivent dans une démarche participative et positive. Celle-ci vise à donner aux populations les moyens d’agir sur leur santé par eux-mêmes et pour eux-mêmes en intégrant simultanément l’approche individuelle, communautaire et environnementale en apportant des informations et des connaissances sur différentes problématiques.

Cette perspective vise à renforcer les compétences et à optimiser les conditions de décision des individus. Sans l’information, sans la connaissance, les choix des personnes ne peuvent pas être libres et éclairés. Migrations Santé Alsace reconnaît dans l’éducation pour la santé un outil essentiel pour la réduction des inégalités de santé afin d'offrir, à tous les individus, les ressources nécessaires au développement de leur « potentiel de santé », d’améliorer leur bien-être et leur qualité de vie.

Comme le souligne P. Lecorps : "l'éducation pour la santé souhaite privilégier l'homme dans ses trois dimensions : sujet individuel et contradictoire, sujet inséré dans une culture qui le modèle et le contraint, sujet politique, collectivement responsable et dépossédé des choix de société. C'est dans le mouvement d'une histoire personnelle affective de longue date que l'on peut entrevoir quelques pistes pour accompagner un changement".

Migrations Santé Alsace intervient au plus près de la réalité du terrain en partenariat avec les acteurs professionnels et associatifs sur les territoires d’habitat des populations afin d’inscrire la préoccupation de la santé dans les structures associatives.

Les actions ont une double portée :

En amont du face à face pédagogique avec les groupes, les structures partenaires construisent, avec Migrations Santé Alsace, le projet de santé en fonction des attentes et besoins repérés sur le terrain.

Les groupes constitués de 10 à 15 participants sont animés par deux intervenants qui :

 

 

Qui sont les animateurs de formation ?

Les animateurs de formation ont une formation et un accompagnement spécifique qui les préparent à assumer cette fonction dans une approche de l’éducation pour la santé qui place le sujet au centre de la démarche.

Les animateurs ont :

Les animateurs de formation sont bilingues ; comme les interprètes qu’ils sont par ailleurs, ils se positionnent dans une médiation culturelle : au-delà de la connaissance et compréhension des représentations culturelles des personnes auprès et avec qui ils interviennent, les animateurs de formations ont le recul nécessaire et une capacité d’écoute qui leur permettent d’interroger les représentations liées à la santé, à la prévention, au dépistage, aux maladies, au corps...
Professionnels formés et compétents dans l’animation de groupes, ils n'appartiennent pas au corps médical.

 

 

Des actions en langue d’origine

Les actions de promotion et de prévention santé de Migrations Santé Alsace sont menées en langue d'origine ; placer les représentations des personnes au cœur de la démarche d’éducation pour la santé suppose la reconnaissance du rapport spécifique de la langue au corps.

L’expérience d’actions de prévention de l’association confirme combien les populations migrantes peuvent rester exclues des campagnes nationales de prévention pour des questions linguistiques (compréhension limitées – parcellaires de la langue française) et aussi du fait de l’inadaptation des messages à leurs systèmes de croyances et de références.
D’autre part, les migrants ont des connaissances des différentes problématiques de santé qui ne trouvent pas toujours écho dans la société d’accueil et les maintiennent souvent dans l’éloignement des dispositifs de soin et de santé français.

Evoquer des sujets sensibles en français n’est pas chose aisée pour tout le monde. La parole énoncée sur le corps et la maladie dévoile une part de l’intime. L’expression de cette intériorité est particulièrement difficile lorsque la maîtrise de la langue parlée reste approximative : les mots étrangers n’investissent pas le sens comme ceux de la langue maternelle et le corpus limité du vocabulaire appauvrit bien évidemment les nuances des propos, rendant très ardus l’identification des cadres de référence, l’exploration des représentations, le repérage des résistances…

Au-delà de l’attention portée aux personnes, du respect qui est ainsi signifié et de la place qui est faite à la mise en confiance, offrir aux participants la possibilité de s’exprimer dans leur langue est un levier complémentaire vers les services de droit commun : l’accès à une information pleine, la compréhension des enjeux de santé et du fonctionnement des dispositifs ouvrent la voie à l’intégration.

 

Responsable et contact pour le secteur :

Emilie JUNG